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Huguette Lancin

De la forêt un peloton cotonneux s’échappe, est-ce les renards qui fument ?
Les chemins sont humides et froids, les pierres criaillent sous les pas des marcheurs qui les dérangent. Les barbelés s’égouttent le long des champs et sur l’écorce des arbres la mousse pleure sous la caresse.
Un souffle d’air balance le haut des arbres lentement. Les branches se frottent et gémissent au rythme du vent.
Le dos accolé à l’écorce d’un charme, les pieds posés sur ses racines, je sens l’oscillation de l’arbre s’insinuer en moi et les yeux rivés sur le ciel les mouvements des branches qui me font chavirer.
Et le ciel se coupa en bleu et en gris.
Le soleil en le traversant métamorphosait la pluie en lumière vibrante. Les branches des arbres devenaient candélabres majestueux, noirs et étincelants. Soudain et pour quelques instants le monde devenait unique.


Un arbre vit sur la montagne
Tes cendres gisent juste à ses pieds
La plie, le vent et le soleil se sont commis pour les voler
Je viens m’asseoir tout à côté
Les yeux vidées, le cœur trop plein
L’infini me regarde,
L’azur me brûle, ne pas pleurer.