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Textes personnels

Je pensais à l'enfant mais l'enfant sans sa mère, qui ne sait pas parler et qui se retrouve avec d'autres enfants. C'est parce qu'ils se lieront dans ce silence, dans cette incapacité à s'exprimer leurs impressions, leurs sentiments, que les nœuds entre eux seront plus serrés, qu'il s'établira entre eux une force à la fois indissoluble, muette et inexplicable.

Je regardais les étoiles.
Combien de personnes faisaient la même chose au même moment ?
Pas question de bloquer les communications
Internet passe les frontières et les interdictions.
On n'enferme pas les chansons, elles franchissent les frontières dans la tête des gens.

J'aime me souvenir.
J'aime autant les souvenirs qui me rappellent des choses tristes que ceux synonymes de bonheur.
Sans nostalgie c'est ce qui me construit.
Par la parole et les échanges je me libère du passé pour me tourner vers l'avenir.

Je sais qui je suis, d'où je viens, j'aime la vie, mes proches...
La vie ne peut se concevoir seul, c'est avec les autres, le cadre de tous les jours, les racines de chacun, l'obstination...
le bonheur, le partage que je donne un sens à celle-ci (la vie).

Dans le soleil de notre enfance
Se réchauffent nos différences
Il éclaire notre vieillesse
En souvenir de la jeunesse Et tous nos pas sur cette terre
Tracent les chemins d'incertitude
Ils effacent nos habitudes
Dans l'arc-en-ciel de lumière

 

C'est un drôle d'attachement qui nous unit tous, habitants de la planète Terre comme une liane invisible qui nous ferait nous sentir proches de nos lointains cousins.
Il est loin le temps où les hommes n'étaient que deux.
Imagine-toi ce que tu verrais d'un sous-bois, si tu t'accroupissais en son centre.
Un sous-bois dans ce qu'il a de plus intime, un gros tronc derrière, un massif de jeunes arbrisseaux verts tout près, et, au sol, de la mousse, de l'herbe, des feuilles. Bref, à la fois le plus commun et le plus charmant des sous-bois.
Debout près des arbustes, toute proche de toi, une petite fille. Une toute petite fille, avec un chapeau blanc, des socquettes blanches, et une tout petite robe, blanche, elle aussi, qui fait comme une cloche autour d'elle. Bref, à la fois la plus normale et la plus mignonne des petites filles.
Et elle se dresse, de toute sa hauteur, pour toucher et respirer la bonne odeur des bourgeons au printemps qui renaît.

La photo est prise dans un jardin.
Elle est en noir et blanc. Une femme, coiffée d'un chignon, se tient debout, très droite devant un laurier très feuillu et les grilles d'un jardin. Elle pose dans l'allée recouverte de petits cailloux. Elle est très sérieuse.
Elle est vêtue d'un chemisier blanc et d'une longue jupe noire. Dans ses bras, un bébé. Il est emmitouflé dans un drap bordé de dentelles. Ses yeux sont ouverts.
La photo a été prise à la fin du mois de juin 1915. Ma grand-mère est née le 5 juin 1915.
J'attends un enfant et cet enfant, je ne pourrai le présenter à ma grand-mère.
Elle s'en est allée l'an passé.

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