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Des lieux

Le champ du soldat
Il y a quelques années, il nous avait paru possible de reposer définitivement au fond du terrain,
à la distance réglementaire de la maison.
Bizarre comme idée ? Pas tant que ça puisque c'est le champ du soldat : on aurait ainsi un voisin de longue date, du moins on peut le supposer.
Et quand on aime l'histoire et les histoires, s'en raconter pour l'éternité en agréable compagnie,
pourquoi pas ?

Un des grands bonheurs de ma vie consiste
à ouvrir mes volets le matin et à découvrir
le Fayé avec toute sa parure saisonnière.

C'est le paysage habituel de ma vie quotidienne je le vois le matin dès que je mets le pied à terre en me levant et que j'ouvre les volets.
Des champs séparés par des clôtures puis au second plan des arbres plantés serrés qui annoncent la base de la montagne. Ensuite il se dresse, il, " le Fayé " qui domine le village de ses rondeurs régulières.
Les prés ensoleillés tout plats, tout blancs, les arbres poudrés de neige comme couverts de sucre glace dont quelques sapins plus sombres malgré tout, ensuite les flancs de la montagne vallonnés avec des tons de blancs différents selon les espèces d'arbres, les creux où la neige s'accumule, les endroits soufflés où elle ne tient pas.
Le sommet sombre touche le ciel, joue avec les nuages du noir au bleu qui jettent leurs ombres sur la neige.
Ombres et lumière.

Cette montagne à la forme régulière ressemble à un volcan sans cratère et selon le temps qu'il fait apparaît noire et menaçante ou alors nimbée de rose.
Elle s'épanouit en vert pâle au printemps.
Quelques bouquets de sapins y font des taches sombres. En hiver elle est toute couronnée de givre comme si une main géante l'avait poudrée de sucre glace.
On l'aperçoit de loin dans la chaîne des Vosges et on sait alors qu'on retrouvera son chez soi au pied du Fayé.

Les hauts champs : Ce sont des champs plats qui surplombent la rivière La Madeleine en plein vent où mes grands-parents cultivaient surtout des pommes de terre.
Les champs Beaux-jeux : champs qui s'étageaient sur les pentes du Mont Bonnet. Leur nom me faisait rêver lorsque j'étais enfant et j'imaginais un immense terrain de jeux.
Les champs fleuris : je ne sais pas très bien où ils se situent mais mon grand-père allait y faner et ce nom évoquait pour moi un océan de fleurs. 
La gossote : c'est un petit sentier qui était un raccourci reliant la rue de Rougemont à la rue de la Madeleine. Il se faufilait entre les maisons et je croyais (je me trompais !) qu'il se nommait ainsi parce que les enfants y circulaient beaucoup...
Le cotet huot : au pied du Mont Bonnet. Un drôle de mot pour un lieu dit qui a donné son nom à une rue et à un quartier et dont je ne connais pas la signification. Mais rue du cotet huot à Etueffont ça ne laisse pas indifférent... je le sais parce que c'était mon adresse lorsque j'étais enfant !
Le Mont Bonnet est une montagne qui se situe entre Rougemont, Lamadeleine Val-des-Anges et Etueffont. Elle est toute ronde, toute usée comme une tête, et la tête est près du bonnet. Cela évoque aussi pour moi les maisons traditionnelles dont le toit ressemble aussi à un bonnet.

Le Baerenkopf
La tête de l'ours, je la regarde chaque matin en ouvrant les volets de ma chambre. C'est un sommet de la chaîne des Vosges. Souvenir, souvenir. Parfois il est caché par la brume des nuages, et je suis triste de ne pouvoir l'admirer. Lorsque le soleil du printemps l'éclaire à l'aurore, mon cœur tressaille de joie, et les souvenirs de mon enfance près de lui arrivent au galop...
Nous prenions le petit train à l'autogare et cahin-caha nous arrivions à la petite gare d'Etueffont.
De là, à pied, les sacs au dos, nous partions sur la route de la Madeleine. Le chemin est dur à gravir pour arriver jusqu'au sommet et c'est fatigués mais heureux que nous touchions enfin au but, découvrions le chalet où nous allions passer huit jours de vacances en pleine nature.

Etang Warlhé
Quelle réaction lorsque mon père nous apprit qu'il était devenu propriétaire de cet étang, où avec notre aide il espérait faire un petit coin de paradis. Après une multitude de week-ends de travail acharné sur la clôture, le débroussaillage... c'est vraiment devenu un coin de paradis.
Et malgré la fatigue des journées, arrivent la récréation, la baignade, le tour au pas de course pour se réchauffer, une course poursuite en barque, une partie de boules, l'apéritif et un bon repas autour d'un feu de camp, et chacun tend sa brochette dans les braises. Il y a aussi les plus fatigués qui s'endorment dans l'herbe à proximité de la chaleur du feu.
C'est ça qu'on appelle le paradis !

 

Les Grands Indets : ligne droite qui permet au voyageur de quitter la trouée de Belfort et de s'enfoncer dans la montagne le long de la Madeleine.
Les Grands Indets :
Indet ?
1 - arbre de grande taille majestueux planté en ligne le long d'un axe routier
2 - animal doté de pouvoir d'adaptation hors du commun. En période de crue sa queue plate et ses doigts palmés lui permettent d'évoluer dans un milieu liquide. Ses longs poils implantés en bas des pattes s'étalent en forme de raquette pour pouvoir marcher dans la neige. De plus son sens inné du mouvement lui permet de détecter les automobiles, camions, grumiers, qui foncent, heureux de sortir de la vallée ou pressés d'y rentrer.
3 - famille dont les personnages avaient une taille hors du commun. Cette famille a longtemps habité le long de la route.
Mont Bouillon : Mont au sud de Rougemont que je vois de la fenêtre de mon salon.
Mont Bouillon : c'est une petite montagne sur laquelle de nombreuses fées et gentilles sorcières se rencontraient régulièrement. C'est la nuit, au sommet qu'elles se réunissaient. Toujours autour d'un fameux bouillon, elles échangeaient leurs recettes, bénéfiques à toutes et à tous.

 

La Rouge Vie : Lieu dit au nord d'Etueffont
La Rouge Vie : c'est sur ce lieu-dit qu'un Taffion* acquit, il y a plus de deux siècles, un grand bout de terre. Il était heureux car il avait économisé durant des années. Une fois la terre acquise, il se mit à la travailler. Quelle ne fut pas sa surprise. Elle était rouge. Il n'en avait jamais vu de pareille. Il douta de la fertilité du terrain mais il ne se découragea pas. Il travailla de longues heures, de longs jours, de longues semaines. Lorsqu'il rentrait chez lui, il était rouge. Rouge de la tête aux pieds et malgré sa toilette il restait rouge. Les semences plantées devinrent chaque année de belles récoltes. Toute sa vie durant il put nourrir sa famille mais aussi bon nombre de Taffions mais toute sa vie il resta rouge. Jamais personne ne se moqua de lui.
* habitant d'Etueffont
La vie de Masevaux
Ce chemin reliant Lachapelle à Petitefontaine sur la route de Lauw a toujours trouvé place dans nos cœurs et tous les moments de nos vies.
Enfant : terrains d'aventures, de guerre, d'escalade, de rencontres, de rendez-vous, de maraude.
Après : chemin tranquille sans voiture, libre à la rencontre des gens, les animaux, les fleurs, le bonheur
et après : chemin de sérénité, de promenade, admiration devant le défilé des champs et prés, au pied des premiers massifs des Vosges, dans une nature généreuse et tout le temps changeante. Bonheur d'être bien dans sa tête avec un entourage fait de ce que l'on aime : la vie.

 

On ira couper le bois aux " Rouetchra " disait la tante en calculant à l'avance le nombre de stères qu'il faudrait.
La terre des Broudes* est rouge comme la pierre de la cathédrale de Strasbourg.
* champs
On allait " aux champs les vaches " dans le " pré le fol ", il y poussait des corombelles* en automne, on les cueillait petites toutes fermées, on en ôtait la queue et on remplissait de lait la cavité formée, sur le petit feu on cuisait ces champignons...
* coulemelles
La fontaine des chevaux
Une source, un filet d'eau, au pied d'un grand talus. L'eau claire traverse le chemin. Obligeant le marcheur à la franchir d'un bond. Ou bien il peut regarder l'écoulement de l'eau et entendre les sons cristallins des petites chutes. Tout près le filet d'eau rejoint le ruisseau. Comment lui apparaît-il ? Son grand frère, son père. Peu importe, il se fondra en lui. Brève existence.
Le chemin qui passe auprès permettait de relier les mines de Ronchamp et les ateliers de Rougemont et Lachapelle. Le chemin s'appelle d'ailleurs " chemin des Houilliers ". On peut donc imaginer que les chevaux s'y abreuvaient avant d'attaquer la côte.
Une autre interprétation laisse entendre que l'eau claire de la source était recherchée pour couper la gnôle et qu'on la transportait sur des chariots tirés par des chevaux.
Qu'importe, le lieu est magique.
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